26 avr.-1 juil. 2021 Paris (France)

Axe 1. Chercheurs associés : sujets divers proposés par les départements > Histoire sociale et culturelle / Social and Cultural Studies

Cf. aussi les thèmes : Cinéma ; Histoire des bibliothèques et des collections ; Histoire du livre et de l’édition ; Littérature ; Littérature d’enfance et de jeunesse ; Sciences humaines

 

Les armoriaux peints manuscrits (XVe-XVIIIe siècles)

La BnF possède une des plus importantes collections au monde de recueils d’armoriaux peints du Moyen Âge et de l’époque moderne. Ces recueils eurent un très grand succès à partir du XVe siècle, même si quelques exemples antérieurs existent, parfois connus par des copies postérieures. Par leur variété (armoriaux généraux, de familles, de régions, de tournois, d’ordres de chevalerie, de personnages réels ou imaginaires), ils permettent de jeter un regard original sur l’histoire sociale et culturelle de l’Europe, notamment du royaume de France. Très sollicités et fragilisés, ils ont été microfilmés en noir et blanc, un support peu adapté à ce type de document où la couleur a une place primordiale. Un premier ensemble de 200 armoriaux (hors Armorial général de France déjà en ligne) a été numérisé en couleur en 2013 et versé dans Gallica. Cette mise en ligne offre une matière extrêmement précieuse pour les chercheurs et nécessite d’être suivie d’une refonte des notices et d’une étude globale de la collection.

Volumétrie : environ 250 volumes, à préciser durant l’étude et à compléter par des investigations dans les autres fonds (NAF et érudits en particulier)

Pistes de recherche : les armoriaux offrent des pistes de recherches variées alliant l’histoire du livre (typologie et réalisation des volumes), l’histoire sociale et politique (identification des commanditaires, raisons de cette commande) et l’histoire culturelle (image de la société que renvoient les armoriaux, devenir des armoriaux dans les bibliothèques érudites à partir de la fin du XVIe siècle).

Contact :

Isabelle le Masne de Chermont, directrice du Département des manuscrits

01 53 79 83 22, isabelle.le-masne-de-chermont@bnf.fr

Référent scientifique :

Maxence Hermant, chargé de collections : manuscrits médiévaux

01 53 79 46 17, maxence.hermant@bnf.fr

 

Fonds de l’abbé Grégoire sur l’histoire de la traite négrière et de son abolition

Ce sujet est soutenu par la Fondation pour la mémoire de l'esclavage

À la fin de sa longue vie, l'abbé Grégoire avait fait du fils de son ami Lazare Carnot (le chef militaire de la Révolution), le jeune Hyppolite Carnot (1801-1888), son exécuteur testamentaire. Il lui avait notamment confié le soin de publier un manuscrit couvrant la période 1750-1808 de son existence et de le compléter à l'aide de divers dossiers et d'une collection d'autographes provenant des personnalités les plus diverses qu'il avait fréquentées. Il faut rappeler qu’à l’époque  l’abbé Grégoire s’était saisi de la question de la traite des noirs et militait en faveur de l’abolition de l’esclavage au sein de la fameuse Société des amis des noirs. Il y gagna le surnom d’« Ami des hommes de toutes les couleurs » selon la formule du biographe Grunebaum-Ballin. Hyppolite Carnot fit paraître en 1837, en deux volumes, la première édition des Mémoires. Les manuscrits originaux et la plupart des dossiers ayant servi à la publication furent versés à la Bibliothèque de l'Arsenal – où Grégoire avait été conservateur de l'an VII à l'an X – par les soins d'Hyppolite.

Pour certains recueils du fonds, un travail d’inventaire détaillé serait précieux afin de faciliter son accès par les chercheurs et sa valorisation en ligne.

Ce fonds, d’une grande actualité, pourrait être valorisé à travers le futur portail « La France aux Amériques », prochainement ouvert (collection "Patrimoines partagés", https://heritage.bnf.fr).

Volumétrie estimée : 1 150 livres et brochures dont 13 manuscrits qui traitent principalement de l’esclavage et de sa première abolition dans les colonies françaises en février 1794. Contient aussi des objets comme une maquette de bateau et une chaîne d’entrave. Le fonds est conservé à la bibliothèque de l'Arsenal, mais son étude gagnerait à être complétée par des visites dans d'autres départements de collections, en particulier le Département philosophie, histoire, sciences de l'homme.

Contacts :

Olivier Bosc, directeur de la bibliothèque de l'Arsenal

oliver.bosc@bnf.fr

Claire Lesage, cheffe du service des collections

claire.lesage@bnf.fr

 

Les collections juridiques historiques 1/2 : les actes royaux

On entend par « actes royaux » des décisions émanant sous l’Ancien Régime du pouvoir royal et des juridictions du royaume. Le fonds des actes royaux comprend une grande variété de documents manifestant la volonté royale et produisant des effets juridiques, à une époque  où la séparation des pouvoirs législatif et exécutif n’existe pas : édit, ordonnance, déclaration, lettres patentes, règlement, instruction, mandement, etc. 

Dès l’apparition de l’imprimerie, les principales décisions royales commencent à être publiées sous forme de feuillets. Cette activité se développe rapidement, avec notamment la création au milieu du XVIe siècle du  titre d’imprimeur du roi, et la création de l’imprimerie royale  au milieu du XVIIe siècle. Dans les faits, les juristes et érudits, à compter du XVIe, ont regroupé au sein de recueils, à la fois des actes royaux proprement dits, et des décisions juridiques du royaume. Ainsi, le fonds dit des actes royaux de la BnF est composé, non seulement de décisions royales  telles que définies ci-dessus, mais aussi d’arrêts du Conseil du roi dans ses multiples formes (Conseil d’Etat, Conseil des finances, Conseil des parties, etc.) et de décisions de cours souveraines (Parlements, Franc conseil, Chambre des comptes, Cours des aides, Cour des monnaies) et d’autres juridictions du royaume, telles que par exemple le Châtelet de Paris.

L’histoire de la constitution, du classement, et du catalogue des actes royaux présents à la BnF, présente un intérêt tout particulier, mais l’intérêt de ce fonds est surtout à la fois sa volumétrie remarquable et sa très grande richesse documentaire pour toute recherche portant sur l’Ancien Régime, sa législation et son histoire.

Volumétrie et localisation :

La volumétrie est vertigineuse : Xavier Prévost a dénombré plus de 46 500 actes regroupés en 1 044 volumes.

Les recueils sont regroupés sous la cotation F, dite de Clément, largement conservée au Département droit, économie, politique, avec quelques recueils déplacés à la Réserve des livres rares.

Le travail de numérisation intégrale effectué permet une grande facilité de consultation. Le catalogue permet un travail d’une grande finesse car les pièces sont cataloguées individuellement, et accessibles à la lecture directement à partir de la notice du catalogue.

Pistes de recherche :

On trouve parmi les domaines d’intervention les plus représentés dans les actes royaux la question militaire (Armée et Marine), la police, les finances, la fiscalité, ainsi que la monnaie. Mais la variété des sujets couverts est aussi vaste que celui de la vie du royaume, ainsi par exemple :

-          les métiers et corporations ;

-          la religion réformée, le clergé, les bénéfices ecclésiastiques ;

-          la librairie et l’imprimerie ;

-          la justice, les relations avec les Parlements ;

-          les péages ;

-          les postes et messageries.

Contact :

Catherine Aurérin, directrice du Département droit, économie, politique

01 53 79 51 00, catherine.aurerin@bnf.fr

Référent scientifique :

Gaëla Bru, cheffe du service droit et science politique

gaela.bru@bnf.fr

 

Les collections juridiques historiques 2/2 : les factums

Le factum, ou mémoire judiciaire, est un document manuscrit ou imprimé, rédigé et signé par un avocat, qui présente les faits et arguments juridiques exposés au cours d’une action en justice. La diffusion, à l'origine restreinte et hors des circuits traditionnels de la librairie, put aussi se faire massive pour peser sur la décision du juge, et pour toucher ce qui se constituera en opinion publique. C’est une source très riche pour l'histoire du droit comme pour l'histoire sociale, mais également pour l'histoire littéraire. Elle intéressera donc autant les juristes que les historiens.

Les factums français constituent à la BnF un fonds exceptionnel, désormais clos (les derniers documents datent des années 1980). Il comprend des documents très divers, ne comptant souvent que quelques pages, rassemblés en recueils. Cf. http://grebib.bnf.fr/html/factums.html

L’enjeu de cette proposition est de favoriser la construction d’un parcours de recherche dans ces collections exceptionnelles, afin de vivifier à la source une réflexion sur le droit contemporain. Mal connues, peu utilisées, en cours de numérisation, ces collections sont essentielles pour faire l’histoire de la pensée juridique.

Volumétrie et localisation : les factums sont majoritairement conservés au Département droit, économie, politique. Ils représentent plus de 80 000 documents dont environ 45 000 postérieurs à 1790. Ils portent une cote Fm ou une cote Fn, la cote F représentant la jurisprudence dans la classification Clément. D’autres départements en conservent aussi :

-          le Département histoire, philosophie, sciences de l’homme conserve les factums à caractère politique classés à la cote L concernant l’histoire de France ;

-          la Réserve des livres rares conserve sous la cote Res-Z-Thoisy la collection de Louis-François Morel de Thoisy donnée à la bibliothèque en 1725 et constituée essentiellement de factums : 50 000 pièces manuscrites et 10 000 pièces imprimées ;

-          le Département des manuscrits conserve des factums imprimés aussi bien que manuscrits.

Pistes de recherche :

-          défendre ses intérêts : conflits autour de la propriété intellectuelle ou foncière ;

-          le temps présent : l’écriture de l’actualité ;

-          parler de soi : la mise en scène de l’intime ;

-          l’opinion publique dans les factums : influencer, réagir.

Contact :

Catherine Aurérin, directrice du Département droit, économie, politique

01 53 79 51 00, catherine.aurerin@bnf.fr

Référent scientifique :

Gaëla Bru, cheffe du service droit et science politique

gaela.bru@bnf.fr

 

Le Rapport public de la Cour des comptes (1831-2018)

La BnF conserve le Rapport public de la Cour des comptes depuis 1831 (date à laquelle sa diffusion aux Chambres du Parlement devient obligatoire). Depuis l’origine, le Rapport public a évolué, passant d’un recueil consacré uniquement au contrôle des comptes publics à ce qu’il est aujourd’hui : un véritable rapport d’évaluation des politiques publiques, qui comprend non seulement une sélection d’observations suivies de recommandations concrètes, mais aussi les suites données par les administrations, collectivités et autres organismes contrôlés aux observations et recommandations formulées les années précédentes. Les multiples implications de cette évolution, du contrôle des comptes à l’évaluation des politiques publiques, peuvent constituer un axe de recherche.

L’étude proposée devra donc comprendre une forte dimension diachronique, pour rendre compte et mettre en perspective cette évolution. Elle débouchera sur une journée d’études que le lauréat contribuera à organiser.

Ce sujet s’inscrit dans le contexte d’une convention de partenariat signée en 2018 entre la Cour des comptes et la BnF pour la numérisation des années 1810 à 1997 du Rapport public, et des années 1869 à 2005 du Recueil de jurisprudence de la Cour. Ce sont ainsi, 174 volumes (54 000 pages) du Rapport public et 42 volumes (10 000 pages) du Recueil de jurisprudence qui vont rejoindre les collections en ligne de Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF et de ses partenaires.

Dans cette perspective, la collection du Rapport public conservée à la BnF pourra être complété par le Recueil de Jurisprudence, publié chaque année par le Comité de jurisprudence des juridictions financières, qui réunit les extraits les plus significatifs des arrêts et jugements notifiés par la Cour et les chambres régionales et territoriales des comptes, d’une part, et des communications envoyées au cours de l’année et non publiées, soit par les juridictions financières elles-mêmes, soit par les assemblées parlementaires, d’autre part.

Contacts :

Catherine Aurérin, directrice du département Droit, économie, politique

01 53 79 51 00, catherine.aurerin@bnf.fr

Référent scientifique :

Sébastien Bogaert, chef du service économie et PRISME

 

La presse en yiddish des années 1880 à la fin des années 1960 / The Yiddish press collections from the 1880s to the end of the 1960s 

La presse en yiddish, de par son origine, constitue un pan important de l’histoire nationale et présente une richesse considérable, tant pour ce qui concerne la mémoire des populations directement concernées que pour les sources historiques qu’elle représente du point de vue de l’histoire des Juifs de France.

L’immigration en France des Juifs d’Europe centrale et orientale des années 1880 aux années qui suivirent la Shoah a donné lieu à la parution de journaux essentiellement publiés à Paris ou dans les communes avoisinantes. Cette population, largement yiddishophone, s’est organisée en associations de sensibilité communiste, bundiste, sioniste ou encore religieuse, et voyait dans la création et la lecture de journaux un lien communautaire indispensable. Cette presse d’opinion en yiddish offrait des chroniques politiques sur la France, les pays d’origine et l’actualité internationale, mais donnait aussi des informations pratiques utiles aux Juifs immigrés. Si certains titres étaient imprimés à plusieurs milliers d’exemplaires comme Naye Prese ou encore Parizer Haynt, d’autres l’étaient à un nombre beaucoup plus restreint, ce qui en fait des documents rares.

La presse en yiddish, de par son origine, constitue un pan important de l’histoire nationale et présente une richesse considérable, tant pour ce qui concerne la mémoire des populations directement concernées que pour les sources historiques qu’elle représente du point de vue de l’histoire des Juifs de France. La tâche du chercheur permettra d’obtenir une vue générale de l’ensemble des périodiques et d’en évaluer le nombre de titres et la volumétrie. Les collections de la Bibliothèque dans ce domaine sont toutefois lacunaires.

Pistes de recherches : étudier l’état de la collection de la BnF (nombre de titres, volumétrie) des années 1880 à la fin des années 1960 en repérant les lacunes et en situant cette collection en regard de celles conservées par le Mémorial de la Shoah, de la Maison de la Culture Yiddish, du Centre Medem ou encore de l’Alliance israélite universelle. Un répertoire général de ces collections pourra permettre la mise en place d’un corpus numérique de la presse yiddish en France au XIXe et au XXe siècle. La tâche du chercheur permettra d’obtenir une vue générale de l’ensemble des périodiques et d’en évaluer le nombre de titres et la volumétrie.

The immigration to France of Jews from Central and Eastern Europe, between the 1880s and the First World War, the interwar period, and during the years following the Holocaust, resulted in the appearance of newspapers published mainly in Paris or the neighbouring areas. This largely Yiddish-speaking population organized itself into associations (amongst which was the Landsmanschaften or societies that had been established in the native homelands) with Communist, Bundist, Zionist or even religious tendencies, and saw in the creation and consumption of newspapers an indispensable community link. The Yiddish press provided political perspectives on France, the countries of origin, and international news, but it also provided practical information useful to immigrant Jews. While some titles were printed in several thousand copies, such as Naye Prese or Parizer Haynt, others appeared in a more limited number, consigning these titles nowadays to the category of rare documents.

The Yiddish press, by way of its origin, is an important part of national history, and is extremely valuable, both in terms of the memory of the populations directly concerned, and because of the historical sources it represents from the point of view of the history of the Jews of France. The researcher’s task will make it possible to obtain an overview of all the periodicals, and to assess the number of titles and the size of the holdings. The BnF’s collections in this domain, however, are lacking.

Research objectives: the researcher will examine the state of the BnF’s collection from the 1880s to the end of the 1960s by identifying the gaps and situating this collection in relation to those held by the Mémorial de la Shoah, the Maison de la Culture Yiddish, the Centre Medem, as well as the Alliance israélite universelle. An overall catalogue of these collections will enable the creation of a data bank of the Yiddish press in France in the nineteenth and twentieth centuries.

Contact :

Catherine Aurérin, directrice du Département droit, économie, politique

01 53 79 51 00, catherine.aurerin@bnf.fr

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